Comment accompagner un proche souffrant d’addiction ?

“Comment accompagner un proche addict ? Comment gérer mon impuissance ?”

Vous êtes nombreux à me le demander. Je n’ai pas LA recette miracle. Je peux seulement vous aiguiller sur ce qui m’a aidé quand j’étais au plus mal.

• L’alcoolique est un malade. Le blâmer est une humiliation supplémentaire. Rajouter de la culpabilité à la culpabilité renforce sa souffrance et sa consommation
• Argumenter quand il/elle a bu ? Engagez plutôt un dialogue hors alcool. Vous pouvez l’accompagner, pas décider à sa place
• Fliquer sa consommation ? L’oppression l’incitera à boire en cachette
• Résoudre ses problèmes à sa place ? Tant qu’il/elle se sent protégé, l’alcoolique ne se soigne pas. Documentez vous alors sur la maladie et demandez de l’aide : vous n’avez pas à avoir le rôle d’un soignant
• Vous sacrifier et tout accepter ? Posez vos limites, vous n’êtes pas une machine. Déculpabilisez. Il existe des groupes de parole pour l’entourage de l’addict (Al Anon)
• Répétez lui au quotidien que vous l’aimez, qu’il n’est pas responsable de sa maladie. Si l’alcoolique retrouve des liens sociaux sains, cela lui donnera peut-être le désir de s’en sortir

Pensée du jour !

J’ai pris ma première cuite à 15 ans.
A 20 ans, avec l’enchaînement des verres, je résistais déjà moins bien et pourtant, je me devais trouver de nouvelles excuses pour boire.
… et j’ai commencé à trembler, puis j’ai eu besoin de boire pour supprimer les tremblements.
… et j’ai eu des gueules de bois mémorables, puis j’ai eu besoin de boire pour supprimer les gueules de bois.
… et j’ai eu des angoisses liées au manque, puis j’ai eu besoin de boire en utilisant l’alcool comme anxiolytique
… et j’étais trop exténué pour avoir une vie sociale, puis j’ai eu besoin de boire pour continuer de sortir.
… et j’ai fait des nuits blanches, puis j’ai eu besoin de boire pour dormir.
L’alcoolisme, ce cercle vicieux infernal et mortel.
Osons en parler autour de nous, le silence tue tout autant que l’addiction !